Derniers Cahiers
CAIEF n°63 – 2011. La littérature belge. Paul Scarron. Le portrait littéraire
Résumé du Cahier:
En consacrant une journée à la littérature belge, on a surtout voulu rendre compte des perspectives nouvelles fournies par une analyse sociologique de ce champ littéraire qui rendent à présent périmés le vocabulaire et les conceptions identitaires essentialistes qui ont trop longtemps été de mise dans les études francophones. On montre au contraire l’intérêt d’une approche comparatiste de la francophonie belge, et d’études qui mettent en relation le texte et le social.
Pour le double anniversaire de Paul Scarron (1610-1660), une équipe de spécialistes jette de nouveaux éclairages sur l’œuvre variée du maître du burlesque. Les sujets abordés s’étendent de la présence de l’Arioste et de Cervantès dans Le Roman comique, lieu par ailleurs des expérimentations du méta-récit, à la postérité du théâtre de Scarron, sans oublier sa poésie lyrique et Le Virgile travesti.
Le portrait est ici étudié dans le discours critique tel qu’il se constitue en France, du Moyen Age au XIXe siècle. Les articles rassemblés posent en effet les jalons d’une histoire du portrait littéraire qui ne s’en tient pas à la seule œuvre critique de Sainte-Beuve, mais qui s’intéresse aux vies d’écrivains qui l’ont préparée et aux recueils qui en ont repris la formule. Au fil de ces études apparaissent les enjeux théoriques, sociologiques et idéologiques du portrait littéraire.
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CAIEF n°62 – 2010. Renan dans son temps et le nôtre. L’écrivain critique d’art. Censure et création littéraire
Résumé du Cahier:
Dans une approche transdisciplinaire, la journée Renan aborde les questions de l’imaginaire religieux de Renan (l’image d’un Dieu à la fois « père » et « abîme »), des présupposés de son oeuvre savante (philologie, langues et civilisations sémitiques, histoire des religions) et de sa réception, tant dans les querelles politiques françaises que dans les débats philosophiques de l’Espagne (Ortega). De ces études se dégage une invitation à réhabiliter la catégorie du « religieux » comme instrument permettant de penser le moment 1860.
La France, dans la personne de Denis Diderot, a créé la critique d’art moderne. Elle est aussi sans doute le seul pays européen où tant de grands écrivains ont réfléchi sur des questions d’esthétique et écrit sur l’art. La seconde journée a rassemblé des spécialistes pour parler de sept écrivains français et de leur choix d’artistes ou de leurs idées sur le style dans les arts visuels : Diderot lui-même, Stendhal, Balzac, Baudelaire, Proust, Jacques Derrida et Yves Bonnefoy.
Généralement abordée sous l’angle juridique, policier ou judiciaire, la censure l’est ici dans ses rapports à la création littéraire, du Moyen Âge à la Deuxième Guerre mondiale. D’entièrement négative et subie, elle apparaît alors, à travers les études de la dernière journée, comme une contribution parfois essentielle au mécanisme de la création artistique, l’écrivain révélant ainsi sa capacité à déjouer, contourner ou utiliser les pièges ou les ruses de l’autorité politique ou religieuse qui tente de museler sa plume.