CAIEF n°70. — 2018. Léopold Sedar Senghor. Traduire la poésie. Le théâtre populaire.

Résumé du Cahier:

« Orphée des Tropiques », Léopold Sedar Senghor se définit  comme l’inventeur d’une poésie universelle, sœur de celle de Claudel, entée sur la vibration d’une parole « tissu ontologique » du monde. Quatre communications évoquent ici les facettes de ce prisme inépuisable : la première témoigne des lectures publiques que Senghor faisait de sa poésie, du laboratoire vivant de sa conversation ; une autre évoque sa proximité très consciente à la peinture de son temps (Chagall, Picasso, Soulages), dans une saisie du réel qui court-circuite l’intelligence au profit de l’émotion, une autre le mythe fondateur de la Reine de Saba, qui accompagne l’œuvre entière, ou encore un  dialogue épistolaire inédit avec André Malraux ; une dernière creuse dans cette poésie une mémoire africaine fondatrice, qui fait d’elle les Géorgiques futures du continent.« Orphée des Tropiques », Léopold Sedar Senghor se définit  comme l’inventeur d’une poésie universelle, sœur de celle de Claudel, entée sur la vibration d’une parole « tissu ontologique » du monde. Quatre communications évoquent ici les facettes de ce prisme inépuisable : la première témoigne des lectures publiques que Senghor faisait de sa poésie, du laboratoire vivant de sa conversation ; une autre évoque sa proximité très consciente à la peinture de son temps (Chagall, Picasso, Soulages), dans une saisie du réel qui court-circuite l’intelligence au profit de l’émotion, une autre le mythe fondateur de la Reine de Saba, qui accompagne l’œuvre entière, ou encore un  dialogue épistolaire inédit avec André Malraux ; une dernière creuse dans cette poésie une mémoire africaine fondatrice, qui fait d’elle les Géorgiques futures du continent.

Traduire la poésie.  Hantise vouée à l’échec ? Umberto Eco répondait que la vraie langue de l’Europe est la traduction… Reste que la traduction poétique sépare le sens de la forme, du rythme, de la musique de l’original, utilise des mots pourvus d’une autre mémoire, d’une autre sonorité. Six communications abordent ici d’abord les souffrances du traducteur, au travers de microlectures précises, ou réfléchissent en général sur le travail de la traduction, qui recrée une poésie autre tout en conservant le souffle de l’original, en un fécond dialogue des langues. A fortiori si ce traducteur est lui-même poète, introduisant alors dans le texte une « seconde profondeur ». C’est que toute poésie a vocation à la migration, et porte en elle de multiples mémoires implicites que la traduction, et ses trahisons fécondes, viennent révéler.

La notion de théâtre populaire, qui peut s’étendre à toute l’histoire du théâtre, reste éminemment problématique : théâtre pour tous, avec Jean Vilar, ou théâtre prolétarien et révolutionnaire, avec Bertold Brecht ? Elle pose en outre de nombreuses questions, comme celles du public, du répertoire ou des rapports avec l’organisation politique. Les communications ici retenues traitent de problèmes cruciaux à des périodes-clé de notre histoire théâtrale : le théâtre médiéval, religieux et profane, le début du XVIII° siècle avec les théâtres de la Foire, la période révolutionnaire, l’évolution du théâtre populaire dans la première moitié du XIX° siècle, la réflexion politique de la République sur un théâtre populaire à la fin du XIX° siècle et au début du siècle suivant.