CAIEF n°67. — 2015. La littérature du XXIe siècle. Romain Gary – visage(s) du XXe siècle. Les Mémoires historiques en France du XVIIe au XIXe siècle

Résumé du Cahier:

Le dossier consacré à « La littérature du XXIe siècle », qui fut l’objet de la première journée du congrès annuel, rassemble quatre études et un entretien avec Philippe Forest qui interrogent la production littéraire de la dernière décennie. Il se concentre sur des œuvres publiées en France et en français, signées par des auteurs qui ont commencé à publier peu ou prou avec le tournant de l’an 2000. Il s’intéresse en particulier à la nouvelle écriture artiste, aux nouveaux rapports entre cette littérature et le cinéma, à Christophe Hanna, à Thomas Clerc.

Désormais écrivain consacré alors qu’il a dû longtemps se contenter du succès populaire, Romain Gary, chez qui il est difficile de distinguer l’œuvre de l’homme, se situe inconfortablement entre l’avant-garde et la tradition, entre le moderne et l’antimoderne. Politiquement mal classable, il déroute par son humour et reste un marginal. Les études de la deuxième journée s’efforcent de saisir la personnalité multiple de Gary et surtout quelques facettes de son œuvre, comme la conception du personnage garyen, les rapports de ses romans avec la guerre ou sa pensée sur l’Europe.

La troisième journée fut consacrée aux « Mémoires historiques en France du XVIIe au XIXe siècle ». La longue pratique des mémoires historiques en France depuis la fin du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle, nettement distincte du genre historique, traduit chez les aristocrates ou les victimes de la politique royale la revendication d’un droit personnel à la vérité, limitée dans son champ, libre envers l’histoire officielle. Particulièrement riche lors des temps forts que sont les Guerres de religion, la Fronde et la Révolution, cette lignée d’écrits, œuvres d’amateurs, a vite été gagnée par les lois de la création littéraire au point d’aboutir à des textes majeurs, de Retz à Chateaubriand. Au lecteur contemporain, elle offre l’espace infini d’une autre histoire, polyphonique et contradictoire, très inventive de forme, occasion d’un libre et savoureux examen du passé.